A 32 ans, il est chef d'édition, présente le journal télévisé et a déjà remporté le grand prix de la presse pour le version arabophone d'un reportage sur les années d'exil du roi Mohammed V.

   S'il y a une chose à retenir d'une rencontre avec Jamaâ Goulahsen, ce serait peut être celle-là : ne jamais se fier à l'image que renvoie la télévision. Et pour cause, ce natif de la région d'Agadir, aîné de quatre enfants, n'a rien à voir avec le présentateur du JT de 13h. On l'imagine réservé, sérieux, peut-être même un peu « coincé », il se révèle être aux antipodes de tout cela : souriant et très décontracté. De lui, Salah Eddine Elghomari dit : « Au contraire de ce que pensent les gens, c'est un comique, il a un très grand sens de l'humour ».  Goulahsen réfléchit : « Je pense que c'est un métier qu'on peut très bien faire avec sérieux mais toujours avec cette dose d'humour qui est parfois nécessaire juste pour déstresser ».

   Après un baccalauréat littéraire en 92, Jamaâ Goulahsen, décroche une licence en littérature française à la faculté des lettres d'Agadir. Il décide ensuite de poursuivre ses études à l'ISIC (alors Institut Supérieur de Journalisme) pour en sortir, deux ans plus tard, avec un diplôme de journaliste. « C'était un choix pour des raisons à la fois subjectives et objectives…il y avait cette envie depuis l'enfance d'embrasser le métier de journaliste, mais en même temps, je n'avais pas vraiment le choix vu les problèmes au sein du marché du travail. »

De ces deux années d'études, ses professeurs gardent l'image d'un jeune homme sérieux, très poli et ambitieux. Son talent et son ambition le conduiront, un mois seulement après la fin de ses études, à la rédaction du Matin du Sahara et du Maghreb où il restera deux ans avant de rejoindre la deuxième chaîne en 2000.

Sur les raisons d'un tel revirement, il explique : « Au Maroc, on ne peut pas parler d'un journaliste fait pour la presse écrite, la radio ou la télévision. C'est quelqu'un de polyvalent…Mais je pense que le fait de changer permet d'enrichir la personne ». Il ajoute ensuite, un stylo glissé entre les doigt : « ça n'a pas été très évident mais les autres lauréats de l'ISJ qui ont accompagné la chaîne depuis sa création en 89 m'ont aidé à m'adapter rapidement aux contraintes de la presse audiovisuelle ».

Lorsqu'on lui demande qu'elle a été l'expérience qui lui appris le plus de chose, il répond sans hésiter : «C'est à Médi 1 que j'ai appris le véritable métier de journaliste. Le stage que j'y ai effectué pendant mes études m'a été d'un très grand apport. Ce fut une très bonne école. »

   Le connaissant depuis cinq ans, ses collègues s'accordent pour dire de lui qu'il est « très modeste et très serviable ». Modeste et sans complexe, Goulahsen l'est vraiment. Il évoque sans problème les raisons pour lesquelles il a rejoint la rédaction arabophone quoique ayant une formation francophone. « Sincèrement, j'ai des problèmes de diction…Le français est la deuxième langue étrangère que j'ai du apprendre après l'arabe, vu que ma langue maternelle c'est le berbère, donc c'est un petit peu compliqué. »

   Nommé chef d'édition depuis huit mois, cet amateur de livres d'Histoire avoue n'avoir « atteint que 50% de ses objectifs » et avoir encore pleins d'ambitions. Parmi ces projets actuels, la nouvelle émission-débat "Moubacharatan maâkoum" qui a été diffusée pour la première fois jeudi 10 Mars.

Biographie :

1973 : Naissance dans un village à 40 Km d'Agadir.

1992 : Baccalauréat littéraire.

1996 : Licence en littérature française à la faculté d'Agadir.

1998 : Diplôme de l'ISJ.

Juin 1998 : Rejoint la rédaction du Matin du Sahara et du Maghreb.

2000 : Entre à 2M.

2004 : Devient chef d'édition à 2M.