28 mars 2005
Sur la route de Tanger....
19 mars 2005
Une nuit de cauchemar
Ceci est mon premier essai en tant qu'"écrivain en herbe". J'ai écrit cette petite histoire l'année dernière. J'aimerai bien savoir ce que vous en pensez, ok?
Petit conseil: Âme sensible s'abstenir !
So, bonne lecture !
Une nuit de cauchemar
Cela devait faire des heures que je conduisais lorsqu’il se mit à pleuvoir. Je m’estimais heureuse d’être bien au chaud dans ma voiture. Mais mon bonheur ne dura pas…quelques instants plus tard, je tombai en panne d’essence.
Je m’en voulus à mort de ne pas avoir surveillé la jauge. Où allais-je bien pouvoir trouver de l’essence en plein milieu d’une autoroute ? C’est là que je me souvins d’être passée devant une station-service environ 2km plus tôt.
La pluie s’étant un peu calmée, je décidai d’aller à la station à pied.
De toute façon, je n’avais pas le choix.
Une heure et demie plus tard, je revenais avec un bidon d’essence. J’allais pouvoir reprendre ma route. Mais à peine eus-je fini de remplir le réservoir que l’orage se déchaîna. Des torrents d’eau s’abattirent sur moi. Je me précipitai à l’intérieur de ma voiture, mis le contact et démarrai.
Je conduisais prudemment, mais la pluie était si forte que mes essuie-glaces ne servaient quasiment à rien. Il serait plus sage de m’arrêter le temps que la tempête se calme.
Devant moi, j’aperçus une pancarte indiquant un petit bourg à quelques mètres. Je décidai donc d’y aller passer la nuit.
Je sortis de la voie et m’engageai sur une petite route complètement déserte, ce qui n’était pas vraiment étonnant en plein milieu de la campagne.
En arrivant au village, je remarquai qu’il n’y avait pas âme qui vive, rien…personne. Les rues étaient complètement vides, et à part le bruit de la pluie et de mon moteur, tout était calme…peut être même un peu trop calme. On aurait dit une ville fantôme…
Un frisson me parcourut le dos, mais je repris vite mes esprits. Ce n’était pas le moment de s’imaginer n’importe quoi.
Au bout de la rue , j’aperçus une enseigne d’hôtel.
Je me garai juste devant.
J’allai à la porte, frappai deux à trois reprises…en vain. Je tournai la poignée et la porte s’ouvrit. J’appelai, mais ne reçus comme réponse que l’écho de ma propre voix.
Apparemment, les lieux étaient vides. Bizarre.
Je m’apprêtais à sortir lorsque j’entendis un bruit. Je me retournai…personne. Mais il me sembla que le bruit provenait de derrière une porte, au bout du couloir.
Je décidai d’aller jeter un coup d’œil.
J’ouvris la porte. Il y avait des escaliers. Cela devait être une cave. Mais tout était obscur, on n’y voyait absolument rien.
J’hésitai un instant, puis commençai à descendre.
A peine eus-je descendu quelques marches que la lourde porte du palier claqua. Inquiète, je revins sur mes pas.
La porte avait été refermée à clef derrière moi.
Tout à coup, je sentis une boule se former dans mon estomac et des frissons parcourir tout mon corps. Mon cœur battait la chamade.
Paniquée, je frappais de toutes mes forces contre cette porte qui semblait insensible aux coups que je lui portais. Encore et encore, je frappais, jusqu'à ce que la douleur devienne insoutenable et que j'abandonne la lutte.
Je finis par me calmer et reprendre mon sang-froid. Cela devait sûrement être le vent qui avait fermé la porte…
Enfin, cette pensée me rassurait.
Rassemblant mon courage, je fis demi tour et descendis les marches à tâtons, les bras tendus comme une somnambule, cherchant un interrupteur. Tandis que mes yeux s’accoutumaient à l’obscurité, je remarquai une petite fenêtre d’où filtrait la lumière. Elle donnait sur la rue.
Dehors, il pleuvait toujours.
Quand cette pluie allait-elle cesser ?
Peut être que tout paraîtrait moins effrayant, moins sinistre, si le temps lui-même était plus clément.
Mais pour l’instant, le plus important était que je sorte de cette cave. Le problème était que je ne pouvais pas atteindre la fenêtre. Il fallait que je trouve quelque chose sur quoi monter, ce qui n’était pas tâche facile dans cette pénombre.
Quelques minutes plus tard, je parvins tout de même à trouver une caisse en bois. Je la plaçai juste en dessous de la fenêtre, montai dessus et réussis tant bien que mal à me hisser pour sortir.
Dehors, la pluie avait cessé. A la place, un épais brouillard s’était installé, rendant l’atmosphère encore plus glauque qu’elle ne l’était.
Il était impossible que je reste une seconde de plus dans cet endroit sinistre.
Je me dirigeai rapidement vers ma voiture, montai et m’apprêtais à mettre le contact lorsqu’un visage surgit dans mon rétroviseur. Une main s’agrippa à mon épaule et me projeta hors de la voiture.
Je me relevai, mais avant que je ne parvienne à bouger les pieds, la chose me rattrapa et me plaqua contre terre. Mon sang se figea de l’horreur du spectacle qui s’offrait à moi…un visage en putréfaction, les cheveux collés par la boue. On aurait dit qu’il était resté enterré pendant plusieurs années. Des os apparaissaient sous les lambeaux de chair verdâtre et putride, mais le plus effrayant étaient ses yeux…des yeux injectés de sang…
Je poussai un hurlement et me dégageai avec brusquerie. Je courus vers une petite ruelle espérant semer la bête. Arrivée au bout, je découvris qu’il n’y avait pas d’issue. Un cul-de-sac.
Je me retournai. Le monstre était juste en face de moi. Il s’avançait d’un pas menaçant. Je me mis à reculer, mais j’étais adossée au mur, cette fois. Je n’avais nulle part où aller, nulle part où me cacher. La bête n’était plus qu’à quelques centimètres de moi. Je pouvais sentir son odeur nauséabonde. Elle éclata d’un rire strident et hideux et fonça sur moi…j’étais perdue…
Je me réveillai en hurlant.
Je criais tellement fort que mes parents accoururent dans ma chambre, anxieux.
Quelques instants plus tard, après que j’eusse retrouvé mes esprits, ils me laissèrent.
Je me levai et allai à la fenêtre.
C’était une belle journée printanière. La pluie avait tout lavé, laissant derrière elle un paysage verdoyant et étincelant. Les oiseaux gazouillaient, les insectes bourdonnaient. On sentait la vie renaître.
Je n’avais plus peur. J’étais même étonnamment sereine. Je respirai profondément. Un doux parfum de vanille flottait dans l’air. Ma mère devait être en train de préparer des crêpes. Je connaissais si bien cette vieille odeur qu’elle me sécurisait…
Comment pourrait-il se passer quelque chose d’inquiétant ici ?
Huis Clos by J-P Sartre
Un des chefs-d'oeuvres de Jean-Paul Sartre.
L'histoire: A leur mort, Garcin, Inès et Estelle arrivent en enfer et se retrouvent enfermés dans la même pièce. Ils ont beaucoup de mal à cohabiter et cela ne fait qu’empirer lorsqu’ils se trouvent obligés d’avouer leurs crimes. Ils savent qu’ils vont souffrir. Seulement, ce n’est pas une souffrance physique qui les attend mais une autre, bien pire qui va durer l’éternité…
Ce que j'en pense: « L’enfer, c’est les Autres ». S’il y a une raison pour laquelle j’ai choisi Huis Clos en particulier, parmi toutes les oeuvres du XXème siècle, c’est bien pour cette citation.
Depuis que j’ai découvert Sartre, en cours de philosophie au lycée, j’ai toujours évité de lire ses ouvrages. Et pour cause, l’image que j’en avais gardée était celle d’un philosophe dont les idées, quoique très intéressantes, étaient extrêmement complexes. Mais en lisant la pièce entière, j’ai été très surprise par la simplicité du texte et des idées. J’ai tellement apprécié que je n’ai pas pu m’empêcher de lire d’autres ouvrages.
Lorsqu’on lit une œuvre telle que Huis Clos, on est marqués à vie, car au-delà de l’histoire de trois personnages qui se retrouvent en enfer, Sartre raconte l’histoire de chacun de nous. Le drame de Garcin, par exemple, est le nôtre. Il est terriblement difficile de se connaître soi-même et de connaître quels sont les véritables ressorts de nos actions. Nous avons peur de regarder au fond de nous parce que nous avons peur de ce que nous pourrions y découvrir : lâcheté, peur… En l’absence de cette conscience de ce que nous valons, notre propre évaluation passe par le regard des autres. Nous avons alors besoin d’eux pour exister, mais en même temps, leurs jugements peuvent parfois nous faire mal et l’on a envie qu’ils disparaissent de nos vies.
En affirmant « l’enfer, c’est les Autres » (avec un A majuscule !), Sartre a tout dit, tout compris. Il sait que nous ne pouvons pas nous supporter mais que nous ne pouvons pas non plus nous passer les uns des autres.
A mon avis, Huis Clos est une merveilleuse étude psychologique de l’âme humaine dans laquelle Sartre nous plonge dans le véritable enfer, celui que chacun de nous redoute…, les Autres mais aussi Nous-mêmes.
Extraits:
« …L’enfer, c’est les Autres. »
« …Tu n’es rien d’autre que ta vie. »
« …j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister…seule, je m’éteins… »
Avis aux amateurs ! ... Et bonne lecture !
11 mars 2005
Portrait: 100% Jamaâ Goulahsen
A 32 ans, il est chef d'édition, présente le journal télévisé et a déjà remporté le grand prix de la presse pour le version arabophone d'un reportage sur les années d'exil du roi Mohammed V.
S'il y a une chose à retenir d'une rencontre avec Jamaâ Goulahsen, ce serait peut être celle-là : ne jamais se fier à l'image que renvoie la télévision. Et pour cause, ce natif de la région d'Agadir, aîné de quatre enfants, n'a rien à voir avec le présentateur du JT de 13h. On l'imagine réservé, sérieux, peut-être même un peu « coincé », il se révèle être aux antipodes de tout cela : souriant et très décontracté. De lui, Salah Eddine Elghomari dit : « Au contraire de ce que pensent les gens, c'est un comique, il a un très grand sens de l'humour ». Goulahsen réfléchit : « Je pense que c'est un métier qu'on peut très bien faire avec sérieux mais toujours avec cette dose d'humour qui est parfois nécessaire juste pour déstresser ».
Après un baccalauréat littéraire en 92, Jamaâ Goulahsen, décroche une licence en littérature française à la faculté des lettres d'Agadir. Il décide ensuite de poursuivre ses études à l'ISIC (alors Institut Supérieur de Journalisme) pour en sortir, deux ans plus tard, avec un diplôme de journaliste. « C'était un choix pour des raisons à la fois subjectives et objectives…il y avait cette envie depuis l'enfance d'embrasser le métier de journaliste, mais en même temps, je n'avais pas vraiment le choix vu les problèmes au sein du marché du travail. »
De ces deux années d'études, ses professeurs gardent l'image d'un jeune homme sérieux, très poli et ambitieux. Son talent et son ambition le conduiront, un mois seulement après la fin de ses études, à la rédaction du Matin du Sahara et du Maghreb où il restera deux ans avant de rejoindre la deuxième chaîne en 2000.
Sur les raisons d'un tel revirement, il explique : « Au Maroc, on ne peut pas parler d'un journaliste fait pour la presse écrite, la radio ou la télévision. C'est quelqu'un de polyvalent…Mais je pense que le fait de changer permet d'enrichir la personne ». Il ajoute ensuite, un stylo glissé entre les doigt : « ça n'a pas été très évident mais les autres lauréats de l'ISJ qui ont accompagné la chaîne depuis sa création en 89 m'ont aidé à m'adapter rapidement aux contraintes de la presse audiovisuelle ».
Lorsqu'on lui demande qu'elle a été l'expérience qui lui appris le plus de chose, il répond sans hésiter : «C'est à Médi 1 que j'ai appris le véritable métier de journaliste. Le stage que j'y ai effectué pendant mes études m'a été d'un très grand apport. Ce fut une très bonne école. »
Le connaissant depuis cinq ans, ses collègues s'accordent pour dire de lui qu'il est « très modeste et très serviable ». Modeste et sans complexe, Goulahsen l'est vraiment. Il évoque sans problème les raisons pour lesquelles il a rejoint la rédaction arabophone quoique ayant une formation francophone. « Sincèrement, j'ai des problèmes de diction…Le français est la deuxième langue étrangère que j'ai du apprendre après l'arabe, vu que ma langue maternelle c'est le berbère, donc c'est un petit peu compliqué. »
Nommé chef d'édition depuis huit mois, cet amateur de livres d'Histoire avoue n'avoir « atteint que 50% de ses objectifs » et avoir encore pleins d'ambitions. Parmi ces projets actuels, la nouvelle émission-débat "Moubacharatan maâkoum" qui a été diffusée pour la première fois jeudi 10 Mars.
Biographie :
1973 : Naissance dans un village à 40 Km d'Agadir.
1992 : Baccalauréat littéraire.
1996 : Licence en littérature française à la faculté d'Agadir.
1998 : Diplôme de l'ISJ.
Juin 1998 : Rejoint la rédaction du Matin du Sahara et du Maghreb.
2000 : Entre à 2M.
2004 : Devient chef d'édition à 2M.
04 mars 2005
"Véronika décide de mourir" by Paolo Coelho
Après L'Alchimiste, Véronika décide de mourir est le deuxième ouvrage, signé Coelho, que je lis. La première chose qui m'a attirée, et ceux qui me connaissent l'ont sûrement deviné, c'est le titre. Je viens tout juste de finir la lecture du roman, et pour dire vrai, j'étais bien loin d'imaginer ce que ces pages renfermaient.
C'est l'histoire de Véronika, une jeune fille de 24 ans qui a tout pour être heureuse, mais qui ne l'est pas. Elle décide de mettre fin à ses jours.
Son suicide raté, elle se retrouve dans un hôpital psychiatrique. Là, parmi les "fous", elle comprendra que "nous avons le choix de vivre ou de renoncer, que nous pouvons donner un sens à notre vie, qu'il faut pour cela retrouver notre Moi véritable. Et même notre part de folie…"
"La conscience de la mort nous incite à vivre d'avantage", telle est la morale de cette histoire.
C'est une histoire poignante qui m'a fait comprendre énormément de choses. Et je vous conseille vraiment de lire cet ouvrage.
Toujours pas convaincus ? Voici quelques citations qui vont certainement vous convaincre :
"Qu'est-ce qu'un fou ?" "…La folie, c'est l'incapacité de communiquer ses idées. Comme si tu te trouvais dans un pays étranger : tu vois tout, tu perçois ce qui se passe autour de toi, mais tu es incapable de t'expliquer et d'obtenir de l'aide parce que tu ne comprends pas la langue du pays…Nous avons tous ressenti cela un jour. Nous sommes tous fous, d'une façon ou d'une autre."
"Le Moi véritable ? C'est ce que tu es, et non ce qu'on a fait de toi."
"Nous vivons tous dans notre propre univers. Mais si tu regardes le ciel étoilé, tu verras que tous ces univers se combinent et forment des systèmes solaires, des constellations, des galaxies."
"Sois comme la source qui déborde, et non comme l'étang qui contient toujours la même eau."
"Soyez fous, mais comportez-vous comme des gens normaux. Courez le risque d'être différents, mais apprenez à le faire sans attirer l'attention."
Bonne lecture !
03 mars 2005
Festival de Gnaouas d'Essaouira: une expérience inoubliable !
Bienvenue à Essaouira !
Si vous n'avez pas encore assisté au festival de Gnaouas d'Essaouira, je vous conseille de le faire, c'est une expérience qui vous marquera à vie. Quand on m'a proposé d'y aller pour l'Institut, je n'étais pas très enthousiaste. Mais je l'ai fait pour l'aventure. Résultat: je suis "addicted", et je compte bien y retourner cette année.
La magie de la nuit à Essaouira:
Abderrahmane Paco, un artiste hors du commun à qui je souhaite un bon rétablissement.
Même pendant les répéts, c'est d'enfer ! (Ici le groupe au complet) / En live, no comment !
Ici pendant la "troisième mi-temps", Paco et Youness, son fils aîné; une voix magnifique !
Le festival d'Essouira, c'est aussi des groupes venus d'ailleurs: JaoJobi (Madagascar)
Vivement la prochaine édition !
